Tous les enfants nés entre 1981 et 1993 dans l'un des hôpitaux ou des cliniques participant à l'étude et pour lesquels le diagnostic de syndrome d'alcoolisation f½tale (SAF) a été posé à la naissance, ont été suivis. Le diagnostic était considéré comme probable lorsque 1 à 4 des 5 items suivants étaient présents (SAF incomplet), certain si les 5 items apparaissaient :
– exposition prénatale à l'alcool ou antécédents maternels de consommation excessive d'alcool ;
– syndrome d'alcoolisation f½tal posé ou évoqué par un médecin lors de la naissance de l'enfant ;
– une ou plusieurs anomalies faciales caractéristiques d'un syndrome d'alcoolisation f½tal ;
– retard de croissance (déficit statural ou pondéral ou encore petit périmètre crânien, inférieur ou égal au 10e percentile) ;
– déficit au niveau du système nerveux central.
Sur les 142 enfants inclus dans l'étude, 43 (30 %) avaient les 5 critères (groupe 1) ; ils étaient comparés à 86 enfants contrôles. Parmi les 99 autres enfants (groupe 2) avec SAF incomplet (de 1 à 4 items), 36 ont été tirés au sort pour être suivis et comparés à 70 enfants contrôles. Enfin, les 43 enfants avec SAF complet ont été comparés aux 36 enfants du groupe SAF incomplet ; ces derniers avaient une moyenne de 3,2 items définissant le SAF. Dans le groupe 1, 60,5 % des enfants sont de sexe masculin alors qu'ils ne sont que 45,7 % dans le groupe SAF incomplet. Dans ce second groupe, la fréquence des items précités est respectivement de 60, 82,9, 65,7, 45,7 et 65,7 %. Les enfants des deux groupes avaient été plus souvent hospitalisés (90,7 % des enfants avec SAF complet, 77,1 % des enfants avec SAF incomplet) dans leur première année que les enfants témoins (40 %), les motifs les plus fréquents d'hospitalisation étant les otites moyennes, les pneumonies, la déshydratation, l'anémie, des problèmes nutritionnels, les sévices sexuels. Près de 9 enfants sur 10 (88,4 %) ayant un diagnostic de SAF complet ont dû être, au moins provisoirement retirés à leurs parents contre 68,6 % des enfants du second groupe. Ces chiffres témoignent du difficile devenir des enfants nés avec un SAF et légitiment une fois encore la recommandation qui est faite à toutes les femmes enceintes de s'abstenir de consommer de l'alcool au cours de leur grossesse




